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Mardi, 18 Décembre 2018
Rencontre avec … Nicolas Taccoen, Capitaine du LMB
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Actualités PRO

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Rencontre avec … Nicolas Taccoen,

Capitaine de l’équipe pro B du LMB

Du haut de ces 2,04m, ce jeune homme vous fait vous sentir toute petite et pourtant…ce sont humilité et simplicité qui transparaissent tout au long de cette rencontre. Pour en savoir un peu plus sur notre « captain » c’est par ici…

On lui connaît un parcours 100% nordiste… Formé au BC Gravelines-Dunkerque, il signe son premier contrat pro B au sein du LMB en 2009. De 2013 à 2015, la volonté de se challenger sur d’autres terrains lui donnera des envies d’ailleurs et ce sera à Orchies qu’il continuera de faire ses armes et de jouer des coudes sous les paniers. De retour sur le parquet lillois pour la saison 2015-2016, il s’impose alors comme un pilier du groupe et gagne rapidement la confiance de son coach qui le choisit pour endosser le rôle de capitaine…

Bonjour Nicolas, pourrais-tu me dire un peu qui tu es ?

Je suis un enfant de la côte. Né à dunkerque, j’ai grandi non loin de là, à Ghyvelde. J’ai 32 ans aujourd’hui. Au delà de mon métier de basketteur professionnel, ce qui me définit le plus, c’est que je suis un homme et un papa comblé. J’ai une petite fille de tout juste 2 ans, qui se prénomme Roxane. Et je suis marié à Caroline depuis 5 ans.

(On se permet d’ajouter qu’à l’énoncé de ces quelques mots, le jeune homme a des étoiles plein les yeux... )

Le basket, c’est arrivé comment ?

En fait j’ai commencé, très jeune, vers 5-6 ans, par faire du judo. Sur les traces de mon frère qui s’était d’abord lancé dans ce sport. Plus tard, vers mes 9 ans, il s’est essayé au basket et je l’ai suivi. Simplement. Ces 2 sports m’ont toujours beaucoup plu. Le judo pour ses valeurs et la rigueur qu’il demande. En grandissant, je me suis davantage tourné vers le basket, pour le collectif. Il y avait les copains…c’est ce qui a fait pencher la balance du côté du ballon plutôt que du tatami.

Je suis parti un an en Sport Etudes à Liévin d’abord et j’ai découvert qu’il existait du haut niveau même au plus jeune âge. Je ne savais pas ! J’ai passé une sélection au BC Gravelines. On était quelque uns à tenter l’expérience. J’ai été sélectionné et c’est là que tout a vraiment commencé. J’avais 14 ans… ça a demandé beaucoup de sacrifices… pour mon père notamment qui m’a conduit là-bas jusque mes 18 ans... pas la porte à côté.

rencontre_taccoen_3Ça a été quoi le petit « truc » en plus ? Ce qui t’a permis d’accéder au niveau professionnel ?

Beaucoup de travail et d’investissement sans doute.  Je suis un bosseur… Et je dois beaucoup à chacun de mes entraineurs. J’ai été à leur écoute, ils ont décelé mon potentiel de travail et ils m’ont fait confiance. Chacun m’a beaucoup apporté et appris sur le basket mais aussi sur moi-même. Ils m’ont poussé, aidé à passer des caps et à atteindre ce niveau.

Il me semble que tu as fait de belles études, tu nous parles de ce choix ? Un plan B ?

Pas vraiment un plan B mais on ne va se mentir, le monde du sport est rude et devenir professionnel est une chance. Je ne savais pas si cela arriverait et honnêtement jusqu’à mes 21, 22 ans je n’y croyais pas vraiment. Et puis j’aime étudier. J’ai  toujours été assez studieux.  J’ai mené le projet basket et les études en parallèle. Pas simple de tout combiner, ces années ont été chargées mais très enrichissantes. Je voulais savoir jusqu’où je pouvais aller. Une fois la pro B atteinte, il a fallu faire un choix. Mais j’ai une carte dans la poche au besoin, on verra…

Justement, quand on est sportif professionnel, j’imagine qu’il faut penser assez jeune à ce qu’on fera « après ». Tu serais plutôt virage à 360° ou plutôt tenter de garder un pied (ou 2) dans le monde du sport ?

J’ai toujours eu dans un coin de ma tête l’idée d’un virage à 360°. Une envie de me lancer un défi à moi-même. Reprendre ce que j’ai entrepris au travers de mes études. Pourquoi pas exploiter cet axe là… Cependant le sport est très important pour moi. Je n’arrêterais pas de le pratiquer c’est sûr. Rien n’est écrit et aucune porte n’est fermée… 

* On rappelle que Nicolas est diplômé d’un Master en mathématiques appliquées et ingénierie statistiques… Nous, on dit chapeau bas…

Tu es toujours resté fidèle à cette région, pourquoi ? Elle représente quoi pour toi ?

Parce qu’elle dégage de belles valeurs mais cette région, c’est surtout ma famille, mes amis… J’ai eu l’opportunité de partir mais ça n’a jamais été une volonté profonde. J’aimais l’idée de m’inscrire dans le projet du club de Lille, quand on a gagné la montée en pro B j’ai eu envie de grandir avec lui. Je suis fier de porter ce maillot. Et puis il y a eu « la vie »… Mes études et… cette rencontre. J’ai eu la chance de croiser le chemin de ma femme. Rester c’était lui permettre à elle aussi de vivre son projet professionnel pleinement. Jusqu’alors je n’ai jamais eu aucun intérêt à partir. Tout ce dont j’ai besoin est ici…

Être capitaine de l’équipe, ça représente quoi pour toi ? ça se traduit comment ?

C’est une réelle marque de confiance de la part du groupe et du staff… c’est gratifiant….Être capitaine, à mon sens, c’est être à l’écoute et garant du bon fonctionnement du groupe. C’est être le relais entre le coach et chaque membre de l’équipe. Mais il ne faut pas s’oublier en tant que joueur. On doit apporter sur les 2 tableaux. Il faut trouver la bonne alchimie entre le collectif et son propre apport sur le terrain.

Si tu avais un conseil à donner à un jeune coach, quel serait-il ?

(Rire) C’est drôle parce que je joue ce rôle également depuis l’année passée pour l’équipe séniors qui évolue en R3 au LMB. Donc j’apprends moi-même … Mais je dirais qu’un coach se doit d’être exigeant mais de ne surtout pas oublier d’être à l’écoute. Il doit faire attention aux ressentis, à maintenir un équilibre.

Et à un jeune capitaine ?rencontre_taccoen_4

Il doit être un élément fédérateur. Aider le groupe, même dans la difficulté. Ce n’est pas seulement un beau discours après un victoire, ou un « coup de gueule » à la mi-temps d’un match difficile. Il doit être ouvert à tous et dans la communication. Une petite attention, ou un petit mot peuvent parfois changer beaucoup…

S’il devait te manquer quelque chose aujourd’hui, ce serait quoi ?

Sans hésiter… du temps avec ma famille… On fait un métier prenant avec des horaires décalés par rapport à des métiers plus traditionnels. Je ne m’en plains pas, j’adore mon métier. Mais passer du temps ensemble n’est pas toujours simple, c’est ce qui me manque le plus.   

Plus léger, je te propose un  « t’es  plutôt … ou plutôt… », prêt ?

Plutôt Kyle Lowry ou Kevin Durant ? Durant.

Plutôt Plage ou Montagne ? Hum… les 2 (rires). Plage ? Trop dur de choisir !!

Plutôt du genre à fredonner ou à siffloter ? Plutôt du genre à danser en fait !

Plutôt sucré ou salé ? Ralala c’est dur… Je vais dire salé… mais j’adore les pâtisseries !!

Plutôt bon resto avec les copains ou soirée au coin du feu ? Resto avec les copains.

Plutôt « Retour vers le Futur » ou « Les Bronzés font du ski » ? D’abord Retour vers le Futur et après Les Bronzés !

La question fatidique…  Plutôt Shakira ou Rihanna ? Shakira.

(Rihanna peut aller se rhabiller… c’est bien la seule question où il n’y a eu aucune hésitation ! ;) )

Si on parlait de l’équipe de France de Basket. A tes yeux quel est le joueur, actuel ou non, le plus emblématique à tes yeux et pourquoi ?rencontre_taccoen_2

On pense tout de suite à Tony Parker, c’est sûr mais je dirais quand même Boris Diaw. C’est un bel ambassadeur de notre sport. De par son jeu, son charisme… On a eu l’occasion de jouer contre lui durant la période du lock-out aux USA*. De retour en France, il était venu jouer avec Bordeaux, club dont il tenait la présidence à l’époque, pour garder « le rythme » pendant cette période de grève américaine. J’ai rencontré un homme humble, simple, avec de belles valeurs…Une belle image pour le basket. Bon… bien-sûr on ne peut retirer à Tony Parker son incroyable parcours.

Quelle est la personne que tu admires le plus ?

Ça peut paraître simple, mais je dirais ma fille. C’est tellement génial de la voir grandir, évoluer, s’épanouir… y’a pas plus cool !

Ton meilleur souvenir basket tout confondu ?

L’accession à la Pro B en 2009. On était un super groupe, une bande de potes et on est allé jusqu’au bout. Une belle victoire. Ça a été une année très dense, c’est aussi celle de mon diplôme. Mais quelle année… !

Tu dirais quoi à un supporter du LOSC ou de foot en général pour qu’il vienne voir un de vos matchs ?

Je lui dirais… « Tu sais qu’il y a un club de basket à Lille, tu ne veux pas « arrêter de te cailler les miches » au foot ? » (rire).  Plus sérieusement, je lui dirais surtout que c’est un sport convivial et spectaculaire… ce serait cool qu’il vienne nous supporter.  

Ton message aux supporters du LMB ?

J’ai envie de leur dire « merci »… Pour leur soutien, d’être derrière nous. Merci pour leurs encouragements. Plus encore dans les moments compliqués. Ils ont une équipe de Lille qui ne triche pas, qui donne tout. Et on a clairement besoin d’eux et conscience de notre chance… 

Je sais que certains s'investissent de plus en plus pour le club, que ce soit parmi les bénévoles toujours fidèles mais aussi chez les supporters! Il y a des initiatives de prise de leur part et c'est très bien. Je souhaite pour l'équipe et pour le club que ça continue et se développe... Je garde un super souvenir du déplacement à Charleville l'année dernière! 

Merci à Nicolas pour son temps et d’avoir joué  le jeu de la confidence,

On vous dit à très vite…