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Mardi, 18 Décembre 2018
Rencontre avec … David LE PORS, Kinésithérapeute du sport au LMB
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Actualités PRO

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David a intégré le staff médical du Lille Métropole Basket voilà déjà 6 ans… Formé et spécialisé dans le domaine sportif, ce passionné exerce son activité au sein de 2 cabinets sur la métropole lilloise (à Ronchin et Avelin) qu’il a créés avec ses associés (et amis). Parmi de nombreuses autres activités, David consacre donc une grande partie de son temps à nos basketteurs… Pour une vie bien remplie !

Vous souhaitez en savoir plus sur l’un de nos kinésithérapeutes du sport, c’est par ici !

Bonjour David, je commence par te souhaiter un bon anniversaire avec un peu de retard! Tu nous résumes un peu ces 35 années écoulées ?

Avec plaisir… Je suis né à Toulon. Et puis assez vite, j’ai quitté le sud pour la Bretagne où j’ai grandi avec mes trois sœurs jusque mes 18 ans. Je suis arrivé dans le Nord de la France juste après le BAC dans le cadre de mes études. J’ai intégré la FAC de Sport de Lille où j’y ai passé le concours d’entrée en école de kiné. Et 4 ans plus tard, me voilà diplômé. J’ai choisi de vivre ma première expérience professionnelle en Guadeloupe pour 8 mois. Pour revenir sur Lille. Il faut dire que quelques semaines avant d’être diplômé j’ai rencontré celle qui m’accompagne aujourd’hui au quotidien. Ça a beaucoup joué dans le choix de la région comme lieu de vie !

(Aaaah ces belles rencontres qui font oublier la pluie …  ;) )

Pourquoi ce choix de devenir kiné ? Avec cette spécialisation ? Quelles ont été tes motivations ?

J’aime beaucoup le sport. Et comme beaucoup de jeunes sportifs, il y a eu les petites blessures, les petites entorses et donc les premières séances de kiné. C’est comme ça que j’ai découvert ce métier, que j’ai trouvé plutôt cool ! Je me suis dit « C’est trop bien ce métier » ! Il y a peu de jobs dans le monde médical qui offrent ce rapport humain, ce contact, avec le patient, cet aspect relationnel. C’est ce qui a été la source de mon choix d’orientation. La kinésithérapie, c’est un peu la psychologie du corps pour moi.

Ta plus belle qualité ?

Déterminé

Ton vilain défaut ?rencontre_david_lepors_2

Trop exigeant ? Eternel insatisfait… Ce n’est jamais assez… J’ai le défaut de mes qualités sans doute ! (rire)

Avec le LMB ça a commencé comment ? Vous êtes 4 je crois… Pourquoi toi à ton avis ?

J’exerçais déjà sur Ronchin et un jour j’ai reçu un appel du Président, Servais Tomavo. Il y avait des changements prévus dans le staff médical du club, il connaissait plusieurs personnes déjà venues pour des séances au cabinet et avait entendu parler de nous. On s’est rencontré et entendu rapidement. En fait, ça a commencé grâce au bouche à oreille et à la bonne réputation du cabinet. Je ne sais pas si c’est moi qu’il voulait appeler en particulier, il a contacté le cabinet et c’est moi qui ai décroché !

Petit à petit, le rythme et les besoins ont nécessité d’agrandir l’équipe médicale. Ce sont des amis kinés, eux aussi spécialisés dans le sport, qui sont venus rejoindre le staff. Et fait, notre métier pourrait induire une certaine concurrence et un esprit de compétition les uns vis a vis des autres… mais il n’y a pas de ça entre nous ! On forme aujourd’hui une super équipe, c’est très agréable de travailler avec « des copains » ! C’est très sain! Et c’est d’ailleurs ce qui fait notre force…

Tu divises ton temps entre ton cabinet et ta mission auprès du LMB. Te sens-tu comme faisant partie intégrante de cette équipe ?

Complètement… on vit l’équipe à 100% et mon cœur s’emballe à chaque match. Même si on est une "équipe dans l’équipe" et qu’on n’est pas sur le terrain, ou impliqués dans le jeu en tant que tel, on est une composante essentielle du groupe et de son bon fonctionnement. Nous sommes les intermédiaires entre les joueurs et le coach, on doit retransmettre les ressentis physiques des joueurs et inversement…

Qu’est-ce que cette mission au sein du LMB t’apporte de plus ? En plus de ton métier de kiné de tous les jours ?

Mon métier est extrêmement lié au sport et à la traumato et implique un besoin de résultat, d’évolution… Avec le LMB, et donc un club professionnel, c’est encore plus vrai. Si pour un patient « traditionnel » la rééducation peut être parfois perçue comme une « contrainte », pour un joueur professionnel c’est assez différent. Au-delà de la volonté, il y a une réelle nécessité de performance, et un besoin d’évolution rapide. Et c’est donc à chaque fois un nouveau défi à relever pour moi. Ça met encore davantage de pression, car il y a davantage d’exigences en termes de résultats et de temps. Ça me pousse !

Et puis il y a un côté très familial dans ce club de Lille. On n’a peut-être pas un budget mirobolant mais on est une famille. Et je crois qu’on est aussi tous un peu là pour ça…

Je sais qu’il t’arrive de faire les déplacements avec l’équipe, quel est alors ton rôle ?

Les journées de match sont très cadrées et planifiées. On prépare dans un premier temps les joueurs à la séance matinale de shooting. S’il y a des besoins particuliers on va les prendre en charge sur la période de sieste de début d’après-midi, après le repas. Et une fois « dans l’arène », environ 2h avant le match, on fait les derniers ajustements, strapping et pré-échauffements.

Durant le match, on sera à l’écoute des besoins et ressentis physiques des joueurs. Blessures ou douleurs pour faire en sorte de les soulager. Une fois le match terminé, on fait un état des lieux, On programme les soins sur la semaine à venir et surtout on échange avec le médecin de l’équipe sur les différents cas et spécificités.   

Tu parles de psychologie du sport, mais est-ce qu’on peut parler d’un lien particulier entre joueurs et kiné ?

Les joueurs se confient bien-sûr. Et je travaille énormément sur le ressenti. Quand ils parlent de leur douleur, ils ne peuvent quasiment rien me cacher. Il y a un vrai lien de confiance et ce qui fait que ça matche ! Avec les américains, et les étrangers c’est encore plus intéressant pour moi car c’est une culture différente, une langue différente. Un mot ne se traduit pas si facilement quand il s’agit de douleurs ou de ressentis. Ça renforce encore la relation de confiance.

Finalement, on passe beaucoup de temps ensemble forcément, et on se connaît bien. Je connais leur vie, ils connaissent la mienne et on travaille ensemble pour les aider à performer. Et quand ça fonctionne comme c’est le cas, ils viennent d’eux même avec plaisir…

Une anecdote sympa à nous livrer ?

(Réflexion) En 5-6 ans j’en ai beaucoup mais 2 me viennent !

La première, c’était fin de saison dernière. Sur l’initiative du coach (Jean-Marc Dupraz) on s’est tous retrouvés en fin de saison en dehors du cadre professionnel pour une petite soirée. Et à ce moment là, toutes les barrières « hiérarchiques » qui sont naturelles à toute organisation sportive sont tombées ! Pour laisser place naturellement à la cohésion et à quelque chose d’assez « simple » dans le bon sens du terme. Et en fait… ça peut donner des soirées assez dingues !! (rire)

(On n’en saura pas plus ! Dommage ! ;) )

La 2nde, c’est un ancien joueur, Ivan Almeida de passage dans le Nord, qui est venu me rendre visite deux ans après son départ, une bouteille de champagne à la main. Il voulait discuter de l’évolution de ces anciennes blessures que l’on avait traitée ensemble par le passé et simplement me remercier. Il n’était pas du tout obligé de le faire et ça m’a fait très plaisir !

rencontre_david_lepors_3Je crois savoir que tu pratiques toi-même un sport à haut niveau assez « original » et nouveau en France, tu nous expliques ?

Ça fait en effet un peu plus de 3 ans que je fais du Roller Derby !

En fait j’ai toujours fait beaucoup de sport pour me canaliser. J’étais un enfant hyperactif ! (rire) Le judo, le tennis, l’optimiste, le kayak, et j’en passe ! Mais je ne me dépensais jamais assez. Et puis un jour j’ai commencé le patinage et je me suis lancé dans le Rink Hockey (sur patin à roulettes). Quand je suis arrivé dans le Nord, j’ai signé dans le club de Tourcoing et je suis vite devenu meilleur buteur de la 2ème division du Championnat de France. Ce sport me réussissait plutôt bien!

Malheureusement, le temps a fini par me manquer pour le sport d’équipe et l’engagement que ça demande. Alors retour aux sports individuels. Ont suivi le squash, la course, le wake board, … des sports que j’ai pratiqué de façon éphémère…

Un jour, autour d’un verre dans un bar lillois ma sœur m’a parlé du Roller Derby et du club de Lille ! Inconnu au bataillon ! Trois jours plus tard, je me suis rendu sur place et j’y ai revu l’un de mes anciens entraineurs qui m’a vite dit que ce sport était fait pour moi !  Et j’ai commencé comme ça !

Le Roller Derby… Tu nous expliques ?

Les origines de cette pratique sont assez anciennes en fait. C’est un sport né aux Etats-Unis et très en vogue dans les années 70/80. Un sport initialement féminin depuis sa renaissance dans les années 2000 et encore à ce jour à prédominance féminine.

L’équipe se compose d’un attaquant et de 4 défenseurs et se joue sur un track, une piste de roller en fait. Le but c’est que l’attaquant puisse dépasser tous les défenseurs adverses un à un. C’est une activité très physique qui depuis s’est élargi aux hommes. Il y a de plus en plus de clubs en France et le plus important étant à Lille car il compte près de 200 licenciés !

(Qui l’eut cru ! ça donnera peut-être des idées à certains ou certaines ! 

Bon… j’ai ouï-dire que tu avais assez vite atteint le haut niveau dans cette discipline !  Tu nous en dis plus ?

En effet, j’ai été sélectionné pour jouer avec l’équipe de France et on a fini 4ème lors de la Coupe du Monde qui a eu lieu à Barcelone en avril dernier.

J’ai également participé avec Toulouse aux Championnats du Monde des clubs à Portland il y a peu ! On est arrivé 3ème ! La médaille de bronze ! La 1ère fois qu’une équipe non-américaine atteint ce niveau ! A ce jour, je joue sous le maillot du Roller Derby Lille, mon club de cœur.rencontre_david_lepors_4

Tout cela, je le dois surtout à ma compagne qui comprend mon besoin. Ça me demande beaucoup de temps et d’investissement et elle me laisse la chance de vivre tout cela ! On ne va pas se mentir, ce n’est pas facile pour elle… Mais je suis vraiment heureux d’avoir rencontré cette personne qui m’accepte avec cette partie de moi… comme je suis !

(Pour la petite anecdote, les joueurs du LMB sont les plus fervents supporters de David au Roller Derby ! Cohésion et soutien… les secrets d’une belle équipe…!? )

On va parler un peu de l’équipe, staff compris bien-sûr…

Selon toi quel est le plus …

Taquin ? Jean-Marc Dupraz… avec moi en tout cas ! (rire)

Gentil ? Thomas Ceci-Diop

Drôle ? Maël Lebrun

Boudeur ? (Explosion de rires) Marcos Suka-Umu. Mais il va m’en vouloir ! Enfin il ne boude jamais avec moi ! 

Ton chouchou ? C’est difficile ! (rire) Je me reconnais pas mal en chacun d’eux. On partage pas mal de valeurs communes…

(C’est moi où ça sent la langue de bois ? Diplomate le David ! ;) )

On arrive bientôt à la fin de l’année 2018, quel serait ton souhait pour 2019 s’il ne devait y en avoir qu’un ?

Que ça continue ! Tout pareil… et à tous niveaux ! 

Si tu devais adresser un petit mot aux joueurs de cette saison, ce serait quoi ?

Je leur dirais de continuer à bosser et à avoir confiance parce que ça paye… Ils l’ont vu la saison dernière. Ils sont assez sereins bien que le début de saison soit en demie teinte pour le moment… mais ils ne doivent pas douter. Ils sont hyper professionnels, posés, c’est un groupe mature. Et je les remercie car c’est très simple et très agréable de travailler avec eux…

C’est quoi le plus beau compliment qu’un joueur t’aies fait ?

« Merci »… C’est la plus belle récompense…

Pour terminer, ton petit mot aux lecteurs de cet article et supporters ?

J’ai envie de leur dire de continuer à avoir confiance en ces joueurs, en cette équipe, en ce club. De continuer de les soutenir. S’ils croient suffisamment en eux, ça les poussera. Ils sont humains et l’important c’est de croire en l’humain avant tout.  Je pense qu’ils sont une composante essentielle de la réussite… Une aide indéniable. Les joueurs ont besoin d’eux.