39 Peter Anyang’Nyong’o, Popular Struggles for Democracy in Africa, Londres, Zed Press, 1987. souhaitée]. Ce renouvellement tient beaucoup aux théories du développement et de la modernisation politique ainsi que nous le verrons plus loin. Cet essai est un effort d'analyse sur une question centrale du devenir collectif des sociétés et des peuples africains. Une réorganisation et une clarification du contenu paraissent nécessaires. Sa complexification va de pair avec sa bureaucratisation comme l'ont noté Max Weber dans Économie et société, ainsi qu'Émile Durkheim dans De la division du travail social. En réalité, soutenaient les développementalistes, les pays africains se situaient loin sur une échelle d’évolution, mais étaient néanmoins engagés dans le même processus de modernisation que celui par lequel sont passés les systèmes occidentaux. Il s’agit enfin de faire la part entre les modèles d’analyse dépassés et les modèles de relève, notamment ceux relatifs aux enjeux sur lesquels nous insistons dans ce livre. La crise de la fiscalité, la disette, les mouvements de population qui accompagnent ces recompositions laissent penser qu’il s’agit d’une simple lutte entre prédateurs et que, à ce titre, elle ne conduira ni à la prospérité ni à la démocratie. C'est bien dans ce contexte italien qu'il faut replacer l'élection dont Marsile de Padoue se fait le chantre. 40Avec la fin de la Guerre froide et de la régulation bipolaire, sont apparues les limites des États africains en matière de capacité à promouvoir le développement et la stabilité et ce, dans un contexte de mondialisation croissante et de tendance à la constitution de grands ensembles un peu partout dans le monde. ), Regionalism in Africa: Integration and Disintegration, Oxford/Bloomington, James Currey/Indiana University Press, 1999, p. 1-13. Ce domaine de recherche a émergé au cours des années 1980 notamment sous l'impulsion d'auteurs comme Gary King[14]. 9En outre, la crise généralisée de l’État en Afrique dans les années 1980 a contribué à l’effondrement des infrastructures académiques et des moyens de fonctionnement des universités, comme nous le montre Paul Zeleza6. Introduction En Afrique, les pouvoirs militaires dominaient les régimes politiques. Cette question de la construction d’un centre est au cœur de nombreux travaux aujourd’hui classiques de Reinhart Bendix ou encore Norbert Elias17. En effet , dans le Rift Est africain, la croûte terrestre se fracture, le sol se déchire pour laisser place à une dorsale océanique. 23 Alvin Y. Elle est plutôt caractérisée par une atrophie du cadre institutionnel, une faiblesse de l’appareil théorique, un enclavement ou une complète extraversion des politologues africains. Si au départ il s’agissait de créer une forme d’États-Unis d’Afrique, le projet des années 1960 sera finalement, dans la pratique, plus modeste. Sur le plan épistémologique, la réalité des pays africains, l’effondrement du marxisme et l’atténuation corrélative des grands clivages idéologiques ont relégué aux oubliettes les travaux de grande portée comme le développementalisme et les théories de la dépendance au profit de théories de proximité. 22Le modèle centre-périphérie a inspiré l’émergence de la théorie de la dépendance. Les cadres d’analyse”. Achille Mbembe41 parle ainsi de « brouhaha sur les transitions vers la “démocratie” et le “multipartisme” », considérant que. Le contrôle des naissances est l'ensemble des diverses politiques gouvernementales nationales ou étatiques visant à la modification du taux de fécondité d'un pays. De Heinzelin voit dans ces encoches un jeu arithmétique : une opération de doublement des nombres (approximatif) dans la première colonne, sui… Lisez ce Monde du Travail Dissertation et plus de 247 000 autres dissertation. Or, ce pur formalisme a vite montré ses limites puisque le droit proclamé était loin d’être appliqué et respecté26. Puis, une fois que les rois d’Angleterre sont forcés de renoncer à la prétention sur les territoires continentaux pendant ce qu’Elias appelle la phase des apanages19, aux XIVe et XVe siècles (ce qui fait de l’Angleterre le premier lieu d’apparition de l’État moderne), on entrerait, toujours selon Elias, dans une phase de la victoire du monopole royal20, fin XVe -début XVIe siècle. Dakar, CODESRIA, 1994, 61 p., ISSN 0850-2633. 1La science politique demeure marquée par le regroupement des chercheurs en aires régionales1. Cette conception permet à Almond et ses collègues de traiter dans une même étude à la fois de la France, de la Grande-Bretagne, de l’URSS, de la Chine, du Mexique et de la Tanzanie, tout comme ils auraient pu traiter de l’Égypte ou de la Somalie. Elles vont atteindre le milliard d’ici 2050 pour un total de 2,4 milliards d’Africains — soit un habitant de la … Certains auteurs y ajoutent les études stratégiques. Les travaux issus des études développementalistes ont tendu, de ce fait, à montrer que les différences entre les systèmes africains et leurs homologues occidentaux étaient non pas de nature, mais de degré de leur développement politique. L'administration publique chinoise est la plus ancienne (le « mandarinat ») et commence à cette époque. Son mérite fut d'envisager la politique d'une manière non plus métaphysique, mais pratique. Il s'opère une scission de l'économie et de la politique. Il montre qu’au départ, dans l’Europe féodale entre les XIe et XIIIe siècles, existe ce qu’il appelle la phase de la concurrence libre18. L’analyse de la démocratisation est passée par plusieurs phases : après la vague d’euphorie, les reflux démocratiques enregistrés ont eu pour effet de donner lieu à des travaux plus équilibrés, voire clairement pessimistes. 7 John Harbeson, « Africa in World Politics: Amid Renewal, Deepening Crisis », dans John Harbeson et Donald Rothchild (dir. 10 Louis J. Cantori et Andrew H. Ziegler Jr., Comparative Politics in the Post-Behavioral Era, Boulder, Lynne Rienner Publishers, 1988 ; Louis J. Cantori, Comparative Political Systems, Boston, Holbrook Press, 1974. La méthode historique[11] ne consiste ni en une collection de dates et une succession d'évènements ni en une histoire quantitative mais à retracer l'« histoire longue du politique »[12] afin de mettre en lumière les « logiques sociales à l'œuvre dans la vie politique »[13] sur le long terme. Rôle de la Francophonie dans la promotion de la paix en Afrique GUIBLA Charles Joseph. 38Pour sa part, Francis Akindès42 développe une thèse de « l’aventurisme démocratique » en insistant notamment sur « les limites structurelles à l’acclimatation de la démocratie ». Leur existence est donc solidaire de tous ces éléments, et plus particulièrement de l’extension du suffrage universel. Mentionnons également Raymond Lulle, dont l'œuvre imposante inclut l'Artificium electionis personarum (1247-1283) ou De arte electionis (1299), descriptions de systèmes de vote préfigurant les redécouvertes du XVIIIe siècle en la matière. Par une étude originale, l'auteur rompt avec l'approche africaniste. 1 En reprenant le thème de « l’Etat en Afrique », ce numéro de L’Espace Politique n’entend pas revenir sur les travaux des politistes car ceux-ci ont déjà largement défriché ce sujet et proposé des pistes de réflexion pertinentes. c’est à la mise en place d’une autre économie politique, à l’invention d’autres systèmes coercitifs et d’autres stratégies d’exploitation que l’on assiste en Afrique […]. Problématique de la démocratie en Afrique. La synthèse scolastique imprègne alors tous les débats de l'Occident Chrétien, durant des siècles et sert de fondement philosophique à toute discussion sur la nature des pouvoirs, quels qu'ils soient. souhaitée]. En Afrique du Sud, la diminution des financements privés pour la R&D a été énorme depuis la crise financière mondiale, malgré l'augmentation des dépenses publiques dans le domaine de la recherche, ce qui explique en partie la diminution du rapport dépenses relativement au PIB qui se situe entre 0,89 % en 2008 et 0,73 % en 2012. La science politique est une discipline académique qui étudie le politique. 38 Michael Bratton, « Beyond the State: Civil Society and Associational Life in Africa », World Politics, vol. ), Power in Africa: An Essay in Political Interpretation, Londres, McMillan, 1992, p. 11. Les analyses développementalistes ont été les plus marquantes avec, essentiellement, une double ambition : d’une part, proposer des outils permettant de comparer l’Afrique (prise comme un ensemble homogène) au monde occidental et, d’autre part, prédire les chances de l’Afrique de réaliser le développement économique et d’accéder à la démocratie11. 41Les théories de grande portée sont actuellement rarement invoquées pour comprendre l’Afrique même si, dans la pratique, leur héritage demeure vivace. 40 Michael Bratton et Nicolas Van de Walle, Democratic Experiments in Africa: Regime Transitions in Comparative Perspective, Cambridge, Cambridge University Press, 1997. Dominée d’abord par le droit, cette analyse a pêché par excès de formalisme. ), Africa in World Politics, p. 3-20. Cette situation dans le contexte francophone doit beaucoup à l’influence sur les universités africaines, exercée moins par les politologues que par les juristes français, souvent peu enthousiasmés par l’idée d’une science politique autonome et concurrente du droit. La propagation des expériences de démocratisation en Europe de l’Est et en Afrique dans les années 1990 est venue conforter les tenants de l’universalité et de la linéarité dans leurs certitudes. Lisez ce Monde du Travail Dissertation et plus de 247 000 autres dissertation. Everyday low … L a démographie africaine représente l’un des grands enjeux du XXIe siècle. Dans une société connaissant de profondes transformations, la science politique, à l'image des autres sciences sociales, pense l'organisation des sociétés et des gouvernements[5]. 31Les années 1990 confirment des changements importants dans l’analyse de l’Afrique en raison de transformations sur le plan épistémologique et empirique. 34 Lire à titre d’exemples Comi Toulabor, « Jeu de mots, jeu de vilains : lexique de la dérision politique au Togo », Politique africaine, vol. Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque/établissement d’acquérir un ou plusieurs livres publié(s) sur OpenEdition Books.N'hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées :OpenEdition - Service Freemiumaccess@openedition.org22 rue John Maynard Keynes Bat. 46 Donald L. Horowitz, Ethnic Groups in Conflict, Berkeley, University of California Press, 1985. Ce schéma comparatif débouche sur la seconde ambition, celle de la prédiction des chances de développement et de démocratisation. Le roi n’est qu’un primus inter pares et dépend des seigneurs pour les revenus comme pour la levée des troupes. Martin Mourre, « Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA), ou la volonté de savoir en Afrique pour l’Afrique. La crise de la démocratie en Afrique : Cet ouvrage est un récit, celui de l'expérience d'ouverture à la démocratie d'un pays d'Afrique, le Togo, au début des années 1990. Badie montre ainsi comment, dans ces études, l’idée selon laquelle centre et périphérie correspondent respectivement à la modernité et à la tradition, le passage à la première se faisant sur les cendres de la seconde, s’est imposée. Il a également mis l’accent dès 1954 sur un phénomène qui sera ensuite au cœur des théories de la dépendance, à savoir l’échange inégal entre le Nord et le Sud. Il en est même venu un moment à demander que les pays africains se « déconnectent » du système international, tout comme Frank appelait les Latino-Américains à la révolution contre l’impérialisme et les élites locales qui en relaient les intérêts. 33Aux États-Unis, ce souci porté à la société civile africaine avant la vague démocratique a donné lieu à des travaux de nombreux auteurs parmi lesquels on peut arbitrairement citer Naomi Chazan et Donald Rothchild, qui, dès 1988, ont mis en avant l’existence d’organisations dans la société civile, tout en relevant que leur autonomie par rapport au pouvoir d’État était bien précaire37. En clair, ils sont ce qu’étaient les pays occidentaux cinquante ou cent ans plus tôt. Un pays comme le Cameroun est une « anomalie » dans l’espace francophone puisqu’il dispose de six universités au sein desquelles la science politique gagne progressivement son autonomie. Ils ont été élaborés dans la foulée de la révolution behavioriste, devenue dominante dans la science politique américaine dans les années 1950 à 197010. La vision triomphaliste est celle qui consiste à considérer que le temps mondial actuel est un temps démocratique qui fonctionne comme un rouleau compresseur. La science politique en Afrique de l 'ouest francophone demeure à l 'étape embryonnaire. Dans les autres cas, le registre est celui de l'essai ou du commentaire politique. Ces modèles sont entrés rapidement en crise lorsqu’il est apparu que la plupart des pays nouvellement indépendants ne prenaient pas le chemin balisé par les pays occidentaux, à savoir celui du développement économique et de la démocratie. Consultez la liste des universités partenaires. 1 Certains aspects de ce chapitre ont été publiés dans Mamoudou Gazibo, « L’Afrique en politique comparée », Polis, revue camerounaise de science politique, vol. À elles seules, deux régions regroupant 23 pays, l’Afrique de l’Ouest et centrale, totalisent 414 millions d’habitants. 35À partir des années 1990, l’émergence des mouvements de revendication démocratique et le déclenchement des processus de transition politique ont permis, d’une part, de placer l’Afrique, aux côtés de l’Europe de l’Est, au cœur de la science politique si l’on en juge par le nombre de travaux américains et européens40. Résumé. Nombre de visites : 26354 . 12L’émergence de nouveaux États, consécutive à la vague d’indépendances dans les années 1950 et 1960, avec leurs systèmes hybrides et leurs pratiques non conformes aux schémas théoriques classiques élaborés sur la base des expériences occidentales, a provoqué un renouvellement des études portant sur l’Afrique. En l’absence d’infrastructure disciplinaire endogène, ce sont des modèles d’analyse exogènes qui ont été appliqués pour comprendre ces pays et ces phénomènes nouveaux. 34Du côté africain, dans la même lancée des études centrées sur la société civile, on peut relever l’ouvrage précurseur édité par Peter Anyang’Nyong’o39. 36La vision triomphaliste de la démocratie est issue de l’observation des premières expériences sud-européennes et latino-américaines. Amin explique le sous-développement de l’Afrique par la nature de son insertion en tant que périphérie dans le système mondial dominé par le centre européen. L’Afrique n’est pas seulement le berceau de l’humanité mais elle est également le berceau de la pensée et de la réflexion scientifique. Le résultat, c’est l’approfondissement de la crise7, l’expatriation et la dispersion des chercheurs, desquelles résulte la difficulté de générer un appareil théorique et conceptuel issu des terrains et des chercheurs africains. Elle offre en outre une position clé de plateforme régionale pour conduire des recherches en Afrique australe. Parmi les sous-disciplines les plus importantes, mentionnons : la philosophie politique, les relations ou études internationales, la politique comparée, l'étude de la volatilité électorale, l'administration publique et les politiques publiques. En général, l’étude des modes populaires d’action politique ne vise pas tant à montrer la résistance de la société, même si certains auteurs comme Bayart parlent de revanche des sociétés, qu’à montrer que la société n’est pas amorphe même en contexte autoritaire, idée déjà présente chez les sociologues des totalitarismes tels que Hannah Arendt. J.-C., avec des philosophes, tels Platon (-427 à -347) et Aristote (-384 à -322) ou des historiens tels Thucydide (-460 à -395) qui commencent à théoriser les affaires de la Cité, ce qui se rapporte par extension à la science du gouvernement. 33 Mwayila Tshiyembe, « La science politique africaniste et le statut théorique de l’État : un bilan négatif », Politique africaine, no 71, 1998, p. 109-132. De façon directe ou indirecte ils ont su insuffler un esprit nouveau, critique et emprunt d'idéalisme qui a à jamais bouleversé nos conceptions de la Res Publica et de la façon dont le pouvoir doit s'exercer. Le premier est issu de la culture italienne, à une époque où se développent les cités-états, dont les rivalités feront naître la pensée de celui qui marquera la période suivante de son empreinte indélébile: Machiavel. Il n'étudie pas tant la question de la légitimité du pouvoir que les moyens de son établissement et de sa conservation : il aborde ainsi l'objet politique comme un art (celui d'instaurer et de maintenir un pouvoir), et non comme une "science" politique au sens où nous l'entendons aujourd'hui. Patrick Chabal14 propose une excellente synthèse des limites d’une telle démarche. Les spécialistes de chaque aire – études américaines ou européennes par exemple – développent leur corpus théorique à partir de leur terrain d’investigation, de sorte que les modèles d’analyse et les concepts qu’ils utilisent sont intimement liés aux contextes qu’ils étudient. Au lendemain de la vague des indépendances des années 1950-1960, l’idée intégrationniste des précurseurs afro-américains est remise au goût du jour par les dirigeants africains. durée : 00:55:30 - La Terre au carré - par : Mathieu Vidard - Les phénomènes géologiques racontent notre planète née il y a 4,56 milliards d'années. 2. Le structurofonctionnalisme est surtout associé aux travaux de Gabriel Almond, qui emprunte lui-même à la théorie fonctionnaliste de Talcott Parsons et à la théorie systémique de David Easton12. 24Concernant la tentative de compréhension des dynamiques économiques et politiques africaines, ce modèle d’analyse a eu le mérite d’attirer l’attention des chercheurs sur les inégalités politiques et économiques à l’échelle internationale en accordant, plus que ne le fait le modèle développementaliste, leur place aux économies et processus des pays africains. Faire de la recherche sur l’Afrique devient donc un vrai défi dans ces conditions. on peut ainsi considérer que la construction d’un centre se ramène à l’établissement d’institutions ou de valeurs destinées à assurer l’organisation globale d’une société indépendante, délimitée par un cadre territorial précis, et jusque-là caractérisée par une très forte atomisation du pouvoir et une très faible coordination entre ses diverses composantes21. L’État détenant les cordons de la bourse en matière de financement de l’éducation, ses dirigeants ne pouvaient alors favoriser le développement de la recherche dans un domaine potentiellement contestataire5. 30 Jean-François Bayart, Stephen Ellis et Béatrice Hibou, La criminalisation de l’État en Afrique, Bruxelles, Éditions Complexe, 1997. authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books. 32Les travaux précurseurs qui viennent à l’esprit sont d’abord du côté franco-africain, l’« école » de la revue Politique africaine, avec l’étude du politique par le bas et des modes populaires d’action politique menées par Jean-François Bayart, Achille Mbembe et Comi Toulabor34. Cette vision a le mérite de mettre en exergue des limites qui sont incontestables. Par exemple, dans les travaux d’Almond et Verba15, ainsi que dans ceux de Pye et Verba16, la possibilité de démocratisation du tiers-monde et notamment de l’Afrique est mesurée en termes d’écart entre leur culture (dite paroissiale) et la culture civique (démocratique) caractéristique de l’Occident. 21 Bertrand Badie, Le développement politique, p. 112. À la longue, la fragmentation territoriale se réduit car certains seigneurs sont éliminés de la course. Cependant, il considérait que cette élection n'était qu'une simple désignation et qu'il appartenait à Dieu, c'est-à-dire au pouvoir spirituel représentant Dieu, de conférer le pouvoir au chef ainsi désigné[2]. 31 Jean-François Médard, « L’État néopatrimonial en Afrique noire », dans Jean-François Médard (dir. La science politique est la discipline qui étudie les phénomènes politiques. 25 Walter Rodney, How Europe Underdevelopped Africa, Détroit, Howard University Press, 1972 ; Samir Amin, Le développement inégal : essai sur les formations sociales du capitalisme périphérique, Paris, Minuit, 1973. Cette posture est commune à de nombreux autres modèles comparatifs, et lorsqu’on évoque l’État prédateur28, la politique du ventre29, la criminalisation de l’État30, on met surtout en avant l’extériorité de l’État. Portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales, L’historicité de l’état et les enjeux de la gouvernance, La faiblesse de la science politique en Afrique et l’extranéité des cadres d’analyse, L’atrophie du cadre institutionnel de la science politique, L’extraversion théorique et conceptuelle corrélative, Les grands modèles externes d’analyse sur l’État, la politique et le développement africains, Les modèles d’analyse des années 1950 à 1990, Les cadres d’analyse de moyenne portée sur l’État et les pouvoirs africains, Les modèles d’analyse de relève depuis les années 1980, L’étude des rapports État-société et la politique par le bas, L’étude des dynamiques d’intégration et des conflits, Suggérer l'acquisition à votre bibliothèque. En définitive, la situation politique des pays africains se caractérise par l’existence d’une domination de caractère charismatique assumée par le chef de l’Etat assisté d’un parti unique constitué de cadres civils et militaires à sa dévotion (à moins qu’ils ne travaillent secrètement à sa perte...) avec toutes les conséquences inhérentes à un système quasi monarchique : culte de la personnalité (le président … Les positivistes mettent en question les explications divines de la société. 36 Achille Mbembe, « Esthétique de la vulgarité », dans De la postcolonie : essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine, Paris, Karthala, 2000, p. 139-163. Ces systèmes comportent des structures diversifiées et ces structures remplissent des fonctions13. Cependant, ces efforts ne se traduisent pas par l’émergence de cadres conceptuels et de schémas théoriques qui serviraient de matrices à partir desquelles une communauté autonome de chercheurs africains pourrait élaborer des études d’envergure et procéder à des développements théoriques et conceptuels.