Le seuil supérieur est celui de l’indépendance. Au XVII° siècle, la majorité des Européens vit des activités agricoles de la campagne. Par définition, une ville est un regroupement d’au moins 2000 personnes. Magnifique Logis du 17ème siècle, rénové, comprenant deux habitations. 38On s’attachera particulièrement à ce qui fait la différence avec la France ou l’Espagne. 18Voilà encore un groupe social universellement répandu, celui des laboureurs, travaillant la terre avec une ou deux paires d’animaux de trait, bœufs ici, chevaux ou mules là, dont les revenus sont suffisants pour envisager l’avenir avec optimisme, qui jouent un rôle dans la gestion de la communauté et de la paroisse où ils vivent et qui peuvent espérer pour leurs enfants une situation meilleure que la leur. Cette évolution d’une relative indépendance vers le salariat est en cours au xviie siècle. Le teston est une pièce en argent. Il s’agit parfois d’une sorte d’apprentissage et l’on voit des fils d’agriculteurs aisés se louer comme domestiques avant de reprendre eux-mêmes une exploitation importante. 11Quoi qu’il en soit, il n’est pas possible de considérer le monde paysan comme une entité ; entrons maintenant un peu plus avant dans le détail de ces inégalités. Salamanca, 1780-1840 », Saavedra Pegerto et Villares Ramón (dir. in Béaur Gérard (éd. Mais ce travail étant le plus souvent temporaire et intermittent, ces individus ont également un moyen de subsistance lié directement à la culture de la terre : maison et jardin, une ou deux parcelles, des droits dans les communaux là où il y en a. L’étude s’appuie sur plus de 1 100 inventaires de biens, datant pour la plupart du xviie siècle et résumés de façon très détaillée dans l’appendice II (p. 677-727). 21 López-Salazar J., « Una empresa agraria capitalista en la Castilla del xvii : la hacienda de d. Gonzalo Muñoz Treviño de Loaisa », Hispania, n° 148, 1981, p. 355-407. ». Tous ces changements ne pouvaient passer inaperçus aux yeux des contemporains. Ce sont enfin des questions d’évolution, particulièrement sensibles dans le cas de l’Angleterre qui connaît une croissance rapide dès le xviie siècle et une évolution du statut de la terre. Ce sont d’abord des questions de vocabulaire : les paysans anglais sont des freeholders, farmers, husbandmen, cottagers, servants, labourers… On pourra évidemment ne pas traduire les termes mais il faudra bien cependant leur donner des équivalents, or toutes choses ne sont pas égales. Merci, nous transmettrons rapidement votre demande à votre bibliothèque. 82On observe donc que la classification générale que l’on peut faire de la société rurale française ne prend vraiment de sens qu’à la condition de regarder la société comme un système (la part relative des différents groupes, qui est variable selon les régions) et aussi de prendre en compte la notion d’évolution au cours de la vie d’un même individu. French H. R. et Hoyle Richard W., The Character of English rural society : Earls Colne, 1550-1750, Manchester University Press 2007. Vérifiez si votre institution a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books. 7 Casey James, El reino de Valencia en el siglo xvii, Madrid, Siglo xxi, 1983, p. 43. [...], [...] De ce fait, l'attachement à l'enfant n'est pas le même au XVIIe siècle qu'aujourd'hui. 51Comme pour la France ou l’Espagne, on présentera ici un tableau qui n’a rien de très original et qui montrera qu’il y a, dans la société rurale, des riches, des moyens et des pauvres. 26Le xviie siècle est marqué par de profonds changements sociaux qui affectent aussi les campagnes et qui sont, au moins en partie, les conséquences des périodes de crise qu’a connu ce siècle. Même concentration et même croissance en ce qui concerne les moutons : à Fuentes de Nava, en Tierra de Campos, sur environ 220 familles, 24 éleveurs possèdent 2008 moutons en 1630 ; ils ne sont que 17 en 1676, mais avec 6839 bêtes alors que les ordonnances municipales, théoriquement toujours en vigueur, empêchaient d’en avoir plus de 70 ! Mais comme cela a déjà été observé pour l’Espagne et pour l’Angleterre, si la construction d’un modèle pour l’ensemble du pays est nécessaire elle est aussi dangereuse : en effet, les différences régionales sont considérables et les hiérarchisations sociales n’ont de sens que rapportées à des modèles agraires régionaux. 69Dans le Beauvaisis du xviie siècle, Pierre Goubert avait observé conjointement deux choses : d’une part l’existence d’une société rurale tripartite (1. Au XIXe siècle c’est l’espace qui évolue le plus, et nous nous intéressons justement à cette évolution. On est donc dans une situation de propriété partagée dans laquelle on ne peut raisonner à partir de l’opposition entre posséder/ne pas posséder mais où il faut imaginer toute une série de niveaux de propriété différents, des plus complets aux plus ténus sur les domaines et les fiefs. 20 Ponsot Pierre, « Grand domaine et petite exploitation en Andalousie occidentale : une étude de rentabilité comparative », Congreso de Historia Rural…, op. 78On observe que les statuts sociaux ne peuvent s’analyser indépendamment du système social duquel ils sont partie prenante. Détails Institutions. S’il décrit une société formée de trois groupes (les « petites gens », le « groupe charnière des laboureurs moyens et des marchands ruraux » et « le monde clos des marchands-laboureurs »), il insiste sur la forte polarisation interne de cette société. Donc en Angleterre non plus, et peut-être encore moins en Angleterre qu’ailleurs, le paysan n’est pas propriétaire de sa terre : il la tient plus qu’il ne la possède et souvent il la loue plus qu’il ne la tient. 36 Lemarchand Guy, La Fin du féodalisme dans le pays de Caux. Une certaine hétérogénéité règne aussi dans ce groupe, peut-être due aux critères qui ont été utilisés pour le former : s’agissant d’un groupe charnière, on peut toujours discuter sur la présence d’exploitants ensemençant moins de 5 ha de céréales, proches donc des laboureurs à ânes, précédemment évoqués, ou de ceux qui ensemencent plus de 25 ou 30 ha, qu’on aurait pu inclure dans les « principaux », 42 parmi les inventoriés disposant d’une propriété supérieure à 100 ha. S’il peut apparaître critiquable d’étendre arbitrairement cette notion à l’ensemble de l’Ancien Régime et d’en faire l’élément explicatif fondamental de la société rurale sans attention particulière à la chronologie, il faut signaler que, pour qui veut caractériser la société rurale française du xviie siècle, profondément marquée par les crises conjoncturelles, cette notion est essentielle. « Fermier-laboureur », il a pris à ferme la terre qu’il exploite mais aussi d’autres terres qu’il sous-loue, des dîmes, des droits seigneuriaux, parfois des seigneuries entières. Ces changements sont tels que dans le diocèse de Tolède, où les inégalités sociales sont beaucoup plus fortes, le mouvement de la production est totalement dissocié de celui de la population : alors que celle-ci ne baisse pratiquement pas au cours du siècle (10 % environ par rapport à la fin du xvie siècle), celle-là est divisée par deux. Il est assez étonnant aussi de constater que, contrairement à ce qui se passe généralement ailleurs, les trois quarts de ces laboureurs ne se livrent pas à l’élevage. Il cite à l’appui de cette affirmation le tableau que présente Gregory King en 1688 de la société anglaise. Il leur faut plusieurs générations pour atteindre le niveau des élites du monde rural. Pour le royaume d’Aragon, les sources sont plus localisées et se composent surtout, outre les documents notariés, de terriers de seigneuries (capbreus). Les souliers près de la cheminée : les souliers servaient à mettre les cadeaux que le Père Noël « apportait » le 24 décembre à minuit. Vous pourrez également modifier vos préférences à tout moment en cliquant sur le lien "Paramètres des cookies" en bas de page de ce site. c) Boissons et buveurs en ville à la fin du XIXe siècle et à la Belle Époque d) Alcool et travail à la ville 2°) La place du boire et du manger a) Dans l’imaginaire populaire b) Le triomphe du « cabaret » et du « mastroquet » à la ville c) L’alcoolisation ouvrière 3°) Les normes … En l’absence d’informations, les données qui suivent sont extraites de cet ouvrage. On dira qu’on est loin du monde rural et pourtant don Gonzalo n’a quitté sa ville qu’une fois (pour aller à Madrid), passant sa vie à diriger son entreprise « sur un cheval pour voir les labours et le reste de son domaine » et surveiller ses 58 domestiques. Paysage fluvial avec batelier et pêcheurs (v. 1605) Huile sur toile, 58 × 75 cm, collection particulière. Ce sont aussi des questions de seuils : où faire passer la limite entre les pauvres et les moyens ? Antoine, Annie, et al.. “Chapitre VI. Il en va de même dans les régions de montagne : dans la Sierra de Alcaraz, en 1753, plus de la moitié des habitants ne possèdent ni terre (51 %), ni animaux de trait (78 %), ni gros bétail d’élevage (51 %), ni menu bétail (56 %) et parmi cette petite moitié qui élève des moutons, la moitié en a moins de 5. Que le seigneur n’ait plus fait de tentatives pour contourner ces dispositions vient de ce qu’il pouvait percevoir un droit en argent au moment du changement de propriétaire. Población, sociedad y economía, 2e éd., Saint-Jacques-de-Compostelle, Université, 1977, p. 521. les mêmes intérêts ? Parmi eux, il y a évidemment des pauvres, des dépendants, mais il y a aussi des paysans que l’on peut classer sous le terme de laboureurs car ils en ont la surface économique et sociale (ce sont par exemple les exploitants des métairies de l’Ouest et du Sud-Ouest de la France). À la même époque apparaît un nouveau mode de concession des terres non libres : le beneficial lease qui garantit la terre pour un certain nombre d’années, une vie ou une partie de vie. On trouve aussi des sociétés fortement polarisées bien que globalement beaucoup moins riches, c’est par exemple le cas de l’Alsace étudiée par Jean-Michel Boehler46. [...], [...] La jeunesse est presque toujours organisée en abbaye de jeunesse. Ceci induit l’idée – partiellement juste mais aussi un peu trop réductrice – d’un monde homogène, différent du reste de la société. Ils constituent entre le tiers et la moitié de la main-d’œuvre agricole, ce qui est vraisemblablement plus important qu’en France. Mais parce que les archives des manor courts nous disent qui étaient les copyholders mais non qui cultivait la terre, les historiens ne savent pas précisément la taille réelle des exploitations dans les villages de copyholders. 76Leur nombre varie en fonction de différents critères. La paysannerie moyenne : haricotiers, artisans ruraux, vignerons, jardiniers ; 3. Et le prix des vignes connaît la même évolution : elles valaient, à superficie égale, 1,7 fois plus que la terre au xvie siècle et 2,8 fois plus vers 1640. Mais il semble que l’accès aux communaux ait été beaucoup plus ouvert en Angleterre qu’en France et que tous ou presque pouvaient les utiliser, même s’ils n’étaient ni propriétaires, ni exploitants, ni même parfois réellement résidants dans la paroisse. Si la religion est encore très présente dans la vie de tous les jours, l’époque où l’on brulait les hérétiques et terminée. « La vie quotidienne », 296 p. Pour toutes les études « régionales » sur la société rurale française, se reporter à Moriceau Jean-Marc, La Terre et les Paysans en France et en Grande-Bretagne aux xviie et xviiie siècles. En mixant tout cela, les historiens du monde rural ont construit des catégories permettant de « classer » tous ces paysans. Pensée par des étudiants, la plateforme Pimido utilise des outils de détection anti-plagiat pointus, permettant l'analyse et l'optimisation de contenu rédigé par des étudiants ou des professionnels. Santa Eulalia est sans conteste celle qui abrite les plus aisés des paroissiens : lors de la grande crise de 1625-1635 le déficit des naissances est très faible (464 pour 485 décès) et elle s’en tire plutôt bien lors de ces autres années noires autour de 1684 avec un large excédent de naissances (271 décès, 462 naissances). 27En théorie, cet allégement de la pression démographique devrait avoir des conséquences favorables sur l’économie rurale en permettant une hausse de la productivité agricole, puisque les mauvaises terres que l’on avait dû mettre en culture dans la deuxième moitié du xvie siècle pouvaient retourner à la friche ou à la pâture. De telles tables furent publiées par Isaac Newton. ANTOINE, Annie (dir.) 47Les freeholders : tiennent la terre en fee simple, sous le régime de la common law et non de la coutume manoriale. Tu ne trouves pas ce que tu cherches ? Lors du baptême l'enfant est oint d'un saint chrême ce qui marque son entrée dans la Chrétienté. 61Les commoners ont constitué un groupe important de paysans au moins jusqu’au début du xviiie siècle. Le statut de fee simple donne la totalité de la propriété ; celui de fee tail fait quelques restrictions sur la transmission par héritage (la transmission sans payer de droit ne se fait qu’en ligne directe). Familia y reproducción social en la Sierra (Alcaraz, siglo xviii), Madrid, ministère de l’Agriculture, 2000, 388 p. López-Salazar Pérez Jerónimo, Estructuras agrarias y sociedad rural en la Mancha (ss. 36Comme pour les deux autres pays, se pose la question des critères les plus pertinents à prendre en compte pour mesure la richesse des paysans. Pour éviter la dispersion de ces biens, une autre solution était de les geler, d’empêcher leur vente, de les transformer en biens de mainmorte en instituant des chapellenies et œuvres pieuses, dotées en terres, et dont l’usufruit serait réservé aux descendants du testateur. Un petit nombre seulement d’inventaires révèle une spécialisation vers l’élevage : ces exploitants ont peu de terres, pas d’animaux de trait, ils font travailler leurs terres par des entrepreneurs de culture, mais ils possèdent quelques centaines de moutons et une dizaine de mules et chevaux. ), Señores y campesinos…, op. On lui empruntera ce petit extrait du Catéchisme du freeholder de 173328 : « Qui es-tu ?– je suis Untel, freeholder de Grande-Bretagne.De quels privilèges jouis-tu en tant que freeholder de Grande-Bretagne ?– en tant que freeholder de Grande-Bretagne, je jouis d’une reconnaissance civile plus considérable que le plus grand des sujets d’un Prince arbitraire. Ils privilégient donc les céréales panifiables et le froment dont la demande s’accroît avec la croissance de la population et avec la hausse du montant des fermages (payés en grain). 70C’est à partir de cette constatation qu’il a élaboré la notion de dépendance des paysans35 en définissant deux seuils essentiels. Certains auraient bien voulu voir instaurer le droit d’aînesse, comme le montre la présence de deux ouvrages sur ce sujet chez un de nos laboureurs, mais cela n’était pas possible. On peut énumérer les plus importants : la quantité de terre exploitée et/ou possédée, la possession d’un capital d’exploitation (la terre, la charrue et la charrette, l’attelage), le niveau d’insertion dans les circuits d’échange… On peut aussi penser à des critères autres qu’économiques et sociaux : participation au pouvoir (rôle dans la communauté rurale), niveau d’alphabétisation… Il faut également prendre en compte des critères plus individuels, tels ceux du cycle de vie et du cycle familial qui font apparaître que, pour chaque individu, la richesse est aussi liée à l’âge (les plus jeunes et les plus vieux ont une accumulation foncière et mobilière bien inférieure à celle des adultes entre 40 et 50 ou 60 ans). Ceci repose implicitement sur l’idée que, dans la société ancienne tout est harmonie ; nier les catégories, c’est effacer les conflits et présupposer une société où les solidarités l’emportent sur les oppositions, cela revient à effacer les inégalités sociales, à considérer les ruraux et même les paysans, comme un groupe homogène, ayant les mêmes intérêts, ce qui n’est pas, à l’évidence, conforme à la réalité. La qualité de freeholder semble avoir une valeur indépendamment de son contenu économique. Il faudrait ajouter aux céréales les vignes et les oliviers, plus de 10 ha pour la moitié d’entre eux, et l’élevage. Le processus a été décrit par Gérard Béaur dans un article publié en 1999 lors de la préparation du colloque « Campagne de l’Ouest32 ». 6Pour entrer dans le vif du sujet, et éviter les généralités, notre étude portera sur une région précise, la Manche, qui a été choisie, d’une part, parce qu’elle a été étudiée pour le xviie siècle et d’autre part, parce que le critère de différentiation choisi par l’auteur est un critère global. Les freeholders représentent 13,2 % de ces familles et les fermiers 10,2 %. 30 Neeson Jeanette M., Commoners : Common Right, Enclosure and Social change in England (1700-1820), Cambridge, CUP, 1993, xiv-384 p. 31 Poussou Jean-Pierre, La Terre et les paysans en France et en Grande-Bretagne aux xviie et xviiie siècles, Paris, SEDES, 1999, 608 p. 32 Béaur Gérard, « Les catégories sociales à la campagne : repenser un instrument d’analyse », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 1999, 1, p. 159-176 ; Antoine Annie (dir. Ils disposent souvent d’une vache, de quelques moutons et porcs, ils récoltent un peu d’orge, de froment, de pois. Autre donnée équivalente : plus de trois cinquièmes de l’échantillon (62 %) ne disposent pas des 25 ha qui, dans cette région constituent le seuil d’indépendance. Mais on le retrouve dans les régions de grande propriété, comme à Salamanque où les fermiers (granjeros) louent des domaines d’un seul tenant, souvent d’anciens villages dépeuplés et voués à l’élevage19 ou en Andalousie occidentale où des exploitations, d’un seul tenant, appelées cortijos, couvrent de 180 à 300 ha20. Les bergers sont répartis selon les trois mêmes catégories que les domestiques et ils sont rémunérés de la même façon. Goubert Pierre, Les paysans français au xviie, Paris, Hachette, coll. cit., p. 213-242. Ces informations personnelles peuvent être utilisées pour vous présenter du contenu personnalisé ; pour vous présenter des publicités personnalisées ; pour mesurer la performance publicitaire et du contenu ; en apprendre plus sur votre utilisation du site ; ou pour vous permettre d'interagir avec les réseaux sociaux. J’ai passé toute mon enfance à la campagne, ma femme a vécu à la ville. Ils pratiquent le prêt d’argent et achètent éventuellement les terres qu’ils ont commencé par louer. De plus, il est évolutif, ce qui n’est pas sans conséquence sur la distribution des statuts sociaux de la paysannerie. La réalité est plus nuancée. 4Que l’Espagne soit diversité, nul ne peut le nier2 ; les variations géographiques du seuil d’indépendance en sont le premier indicateur (il s’agit de la superficie théoriquement nécessaire pour faire vivre une famille paysanne en année normale). Les difficultés proviennent de la distinction ville-campagne, pas si évidente qu’on pourrait le croire a priori, de la définition des catégories sociales (qu’on les appelle classes, groupes ou catégories socioprofessionnelles) choisies par l’historien en s’appuyant soit sur des données socioéconomiques, soit sur des critères juridiques, soit sur le vocabulaire de l’époque – vocabulaire dont la précision laisse à désirer, notamment parce que ces catégories varient dans le temps et dans l’espace, mais aussi au long de la vie d’un individu – ou sur les trois à la fois. Mais, ce groupe est loin d’être homogène, ce qui apparaît évident avec une telle masse de population. Révoltes urbaines, révoltes rurales, Chapitre VII. Portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales, Chapitre V. Les sociétés portuaires et les systèmes atlantiques, Prés, prairies et pâturage dans les systèmes agraires de la France de l’ouest à l’époque moderne, Cycles culturaux, usages et appropriation de l’espace rural (France, fin du Moyen Âge-Époque moderne), Clergé anglais, agriculture et société rurale (, Chapitre XVII. Avec de tels niveaux de population, en Vieille-Castille et encore plus sur la côte cantabrique, nous aurions affaire à de véritables villes ; cela signifie que la division du travail n’est pas très poussée dans la Manche, l’artisanat étant réduit au nécessaire, sauf en cas de spécialisation (le textile à Ciudad Real, les gants de cuir à Ocaña). Les tentatives faites pour utiliser des critères plus objectifs font surgir d’autres problèmes : comment déterminer le critère en question et selon quels seuils faire les découpages ? Il contrôle l’emploi de nombreux journaliers, il est actif sur les marchés et il paie en général une part importante de l’impôt de sa paroisse. 72Ce laboureur peut être propriétaire foncier. La jeunesse à un rôle socioculturel important et particulier au village puisqu'elle est par exemple chargée d'organiser et d'animer la partie dansante des fêtes. Les rois continuent d'embellir la ville mais ils commencent à se Sous Louis 14, c’est l’âge d’or de la gastronomie, du made in France et de la mode. Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain, 9e période - Condorcet (1793) - En quoi cet extrait illustre-t-il l'esprit des Lumières et la pensée révolutionnaire ? Vincent de Paul . De nombreux historiens ont contesté la notion même de catégorie sociale, insistant au contraire sur le fait que les relations entre les individus transcendent les découpages artificiellement mis en œuvre par les historiens. Je suis un homme libre. Adresse : 2, avenue Gaston Berger CS 24307 F-35044 Rennes cedex France. Il n’y a là rien d’étonnant : partout, dans les zones vouées à cette activité, elle est aux mains de la moyenne noblesse, résidant souvent en ville, mais disposant de nombreuses propriétés rurales. Si cet article, vers lequel on ne peut que renvoyer quiconque souhaite parler des catégories sociales de la France d’Ancien Régime, tend à montrer que, quelles que soient les précautions que l’on prenne et les réflexions préalables que l’on développe, il est impossible de faire de bons classements, que les hommes ne se rangent pas dans des boîtes comme des billes33, la conclusion en est pourtant que, si l’on peut, à la rigueur, parler des individus sans les classer (ce que fait la micro-histoire), on ne parviendra pas ainsi à parler de la société dans son ensemble. Ce mouvement est engagé dès la seconde moitié du xviie siècle mais il ne faut pas pour autant exagérer le mouvement de disparition des petites fermes familiales qui restent nombreuses dans l’Ouest et le Nord du pays. « U », 1993, 368 p. ; 2e éd. L'ondoiement est pratiqué par la matrone quand les enfants sont en mauvaise santé sinon le baptême se fait dès les premiers jours. Dans la région toulousaine38, il désigne toute une catégorie particulière de brassiers (= journaliers) dont la spécialité est de labourer. 22 Le Roy Ladurie Emmanuel, Les Paysans de Languedoc, Paris/La Haye, SEVPEN, 1966, 2 vol., 1034 p. 23 García Sanz Angel, Desarollo y crisis…, op. 1974 (repris dans Les Français et l’Ancien Régime, en collaboration avec Daniel Roche, Paris, A. Colin, 1984, vol.1 : La société et l’État). Si l’on ne se contente plus des mots, on peut encore aller chercher des critères d’ordre honorifiques (les « maîtres », « sieurs »…) et/ou des critères de richesse révélés par les rôles fiscaux ou les inventaires après décès. Ceci était rendu possible par le fait que la loi coutumière n’était pas très explicite sur la question de la transmission par héritage des biens tenus en copyhold. Son peuplement présente cependant plutôt des caractéristiques propres à l’Espagne méridionale, à savoir qu’il est regroupé en agrovilles, agglomérations souvent assez peuplées, de 5 000 à 10 000 habitants, mais où le secteur agricole domine largement : l’agriculture occupe 73 % de la population à Consuegra, ville de 1224 feux en 1586, à peine un peu moins à El Toboso, la patrie de Dulcinée (71 % des 1 136 feux en 1591). Et à notre grande surprise, alors que les membres de cette élite sont nobles, bien souvent titulaires d’offices municipaux électifs ou perpétuels et résident dans ces petites villes que nous avons décrites, à peine un peu plus de 20 % d’entre eux sont rentiers, les autres pratiquant soit l’élevage en grand (pour 11 % du total), soit agriculture et élevage ; encore mieux, ce ne sont pas les plus riches qui sont rentiers puisque tous les propriétaires de plus de 500 ha (18) sont en faire-valoir direct. Quand l'enfant est mort-né on court porter l'enfant dans le sanctuaire à répit (lieu où miraculeusement les enfants ressuscitent le temps d'être baptisés et ils peuvent partir au paradis et non errer dans les limbes). 63L’autre forme d’évolution qui affecte la société rurale anglaise au xviie siècle est liée à la croissance des villes et tout particulièrement de celle de Londres31. Ils ont des contrats de six mois à un an et sont donc très mobiles. Leur situation dépend de la coutume manoriale. La vie sous l'ancien régime est précaire et la naissance est un moment difficile. 17Ces différentes catégories se retrouvent, dans des proportions diverses, dans toutes les régions d’Espagne et d’ailleurs ; elles forment toujours une forte proportion des effectifs des villages. Ce sont les brassiers et journaliers de Tourraine, les journaliers du Maine, les bêcheurs et hommes de peine de l’Anjou… Ce sont aussi de très nombreux salariés plus ou moins spécialisés que l’on rencontre en pays de grande culture, hommes à tout faire mais aussi charretiers et bergers. Le sens au seigneur se paie en argent. Le Vivarais aux xviie-xviiie siècles, Paris, EHESS, 1985, 500 p. 38 Frêche Georges, Toulouse et la région Midi-Pyrénées au siècle des Lumières. Le baptême permet de recenser et l'État va rendre au XVIIe siècle ses registres plus précis et plus rigoureux. Par auteurs, Par personnes citées, Par mots clés, Par géographique, Par dossiers. La pratique de l’endogamie matrimoniale permettait de sauvegarder certains patrimoines. 75On classera ici ceux qui tirent la majeure partie de leurs revenus du travail salarié fait pour le compte d’autres agriculteurs. Elle est située au centre du royaume, à mi-chemin entre les pays de petite et moyenne exploitation, entre l’Andalousie et l’Estrémadure, là où règne, avec des nuances toutefois, le grand, voire l’immense domaine. Des échanges de travail se pratiquent entre les paysans moyens et les riches (labours). Quoi qu’il en soit, la part des influences économiques et la capacité à augmenter les paiements pour les terres en freehold et en copyhold à la fin du xviie siècle diminua sensiblement la part de la terre dans la formation de la richesse. Toute la Grèce, au détriment des styles locaux, dès le milieu du 19ème siècle.Dans les années 1890 : N'hésitez pas à aller y faire un tour et entrer les mots. Il s’agit donc de sociétés relativement homogènes. On observe donc une évolution plus marquée des rapports de la paysannerie à la terre en Angleterre. Mais pour caractériser la société rurale du xviie siècle qui fut, comme on le sait, marqué par des crises de subsistance et des mortalités sévères, on ne peut faire abstraction de la variable conjoncturelle – les bonnes et les mauvaises années influent de manière importante sur la manière dont se compose la pyramide sociale du monde rural – et donc celle de l’indépendance ou de la dépendance des paysans. Le yeoman tient indistinctement sa terre en freehold, en copyhold et en leasehold mais il a le plus souvent au moins quelques parcelles en freehold. cit., t. II, p. 221-223. Afin d’échapper à la misère, de nombreux paysans quittent la campagne pour aller travailler en ville. Freeholders et farmers sont classés par G. King parmi les 511 586 familles « qui augmentent la richesse du royaume ». Pour les plus gros, la diversification s’impose, notamment vers l’élevage. Le paysan le plus aisé y est le métayer (comprendre par là celui qui exploite une exploitation appelée métairie) : il possède l’attelage et la charrue et il laboure pour le closier qui n’a ni bêtes de trait ni matériel autre qu’à bras. Sur les pièces d'Ancien Régime, il n'y a pas de valeur écrite. Consulte tous nos documents en illimité ! Moins démunis que leurs voisins journaliers, ils ont pu laisser un certain nombre d’inventaires (115) qui montrent qu’ils possèdent en moyenne une vingtaine d’hectares qu’ils valorisent au maximum en cultivant la vigne, l’olivier ou le safran, et quelques céréales (5 ou 6 ha). Même dans la première moitié du xviie siècle, la plupart des tenures non libres (celles que l’on appelle des copyholds) ne pouvaient être achetées ou vendues sans la permission du seigneur. Les lords anglais reprennent leurs mouvances en leurs mains et les concèdent en leasehold (baux à temps) pour des durées excédant rarement une vingtaine d’années. journaux et la scolarisation obligatoire permettent à la population rurale de briser cet isolement. On ne saurait mieux illustrer le fossé qui s’est creusé entre riches et pauvres.